Plus de courroux, plus de coucou, puisque à la fin ils vous ennuient (cher anonyme). Juste la hargne, ma hargne.
Ce week end , j’ai bien rigolé. Ce n’est pas tant du fait de l’absence de pollution visuelle de mon espace de vie par la souillure sans nom du Nicolas voilé, mais, de manière plus générale, parce que la vie m’a fait cadeau d’un joli clin d’œil.
Il faut dire que tout avait bien commencé… Week end de rêve avec dix huit vahinés à la peau douce et odorante, sensibles à mes désirs, soucieuses de mes plaisirs. Vint alors sur le ciel de Cherbourg en Mauritanie un vent d’air frais et scintillant chargé de milles gouttelettes et de sombres présages.
Alors, votre serviteur, ne bravant ni les cieux, ni les éléments, se réfugia dans la profondeur molletonnée du canapé décadent qui lui tendait les bras.
Soit, direz vous, et alors ? Eh bien pendant des heures, alors que mon harem s’extasiait devant les robes chargées de parures de la cour de louis XVI rêvant sans doute de m’emmener, bras dessus, bras dessous sous les arc en ciels de plaisirs des fontaines miroitantes du Versailles de l’époque, avant de nous étendre, bas dessus, bas dessous, sous des arc en ciel de plaisir…Passons. Et bien pendant ce temps, et alors que je contemplais avec plaisir les délices caché dans les robes, un parallèle sournois plantait en moi les premiers doutes. J’ai sentis poindre en moi la laideur des soupçons, l’ire désolante qu’appelle l’injustice. C’est –comprenez-vous ?- qu’au bout de prêt d’une heure de baffrages télévisuels, de banquets mondains et décadents, ma lassitude de voir se répéter cent fois les mêmes scènes, les mêmes dialogues, et toujours pas d’intrigue, j’ai commencé a divaguer.
Il faut dire que Marie Antoinette m’a bien aidé. Cette femme, à qui l’on prête, à tort ou à raison, la fameuse répartie : « Le peuple n’a plus de pain ? Qu’il mange de la brioche », cette femme illustre en peu de mot le malaise de l’époque et la coquine a fait basculer mon week end dans la nuit la plus noire.
Certes, depuis l’élection de notre dernier roi, je m’interroge. Dans quelle société vivons nous où la femme d’un chef d’état dispose pour son plaisir des ressources du peuple ? Dans quelle société vivons nous où son mari, arguant des besoins inhérents à sa trop grande famille peut doubler sans problème, grâce a la dîme du peuple, les effectifs de son palais ?
Ô bien sur me direz vous, point de cour dans ce nouveau régime, pas de robes à froufrous, pas de diamants nombreux ni de courbettes faciles. Pourtant, si l’on regarde sous cet angle, la cour des rois de France ne se distinguait elle pas du fait que ses membres dociles ne vivaient en prime abord, que des rentes de l’état ? Nos députés sont ils très différent de ces demoiselles à la dentelles facile ? Ils reçoivent de l’état une pension honorable pour leurs nombreuses siestes et pour leur « cabinets ». Ils s’adonnent aux complots, aux bassesses de l’esprit, aux courbettes effacées pour conserver leurs postes.
Pensez en ce que vous voulez, mais j’ai bien l’impression que l’homme n’est pas si mur, pas si prêt qu’on veut bien le prétendre, à assumer ses rêves de libertés. Dans notre folie, nous transformons lentement le renouveau d’hier en vécu d’autrefois.
A l’heure ou les libertés individuelles s’effacent devant les individus libéraux et les impératifs de sécurité, à l’heure où la plus grande puissance militaire de ce monde –dont Gary Kasparov s’inquiète de la voir toujours baptisée de « démocratie » - voit en notre président un partenaire privilégié, à cette heure je me dis que des jours sombrent approchent.
Mais le film se termine, et, mon harem aidant, je plonge dans le stupre d’une vie bien réglée, bien huilée, d’où plus rien ne dépasse qui puisse gêner mes sens. L’ordre juste, l’ordre droit. Celui qui souille ses bottes depuis tant de grands siècles sur tant de champs d’honneurs.
